Déjà douze jours de clandestinité
Mercredi 30 janvier, la Police des airs et des frontières (PAF) arrêtait à Lyon Marel KOKOLO MABIALA et sa soeur, Gilvane Experia KOKOLO NZOUMBA à leur domicile, bouleversant leur vie et les projets qu’ils avaient en France.
Marel et Gilvane sont congolais. Marel est arrivé en France il y a cinq ans, en 2003, pour poursuivre des études de comptabilité ; sa soeur l’a rejoint en mai 2007 pour des études en sciences médico- sociales. Entré en France avec un visa long séjour, Marel a obtenu et renouvelé un titre mention étudiant jusqu’en décembre 2007. A cette date, la préfecture du Rhône lui a refusé son renouvellement de titre et lui a notifié une obligation à quitter le territoire français (OQTF). Sans papier en règle lors de son arrestation, Gilvane a reçu un arrêté de reconduite à la frontière mercredi 30 janvier.
Placés en rétention au Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry le jour de leur arrestation, Marel et Gilvane deviennent expulsables à tout moment. Vendredi 1er février, Marel, Gilvane sont présentés, comme la loi l’oblige, devant le Juge des libertés et de la détention (JLD). Celui-ci juge illégale leur mise en rétention et les libère. Le Parquet ne fait pas appel et Marel et Gilvane sont libérés vendredi soir. La Préfecture décide cependant de leur confisquer leurs papiers d’identité et leur adresse un ultimatum : huit jours pour quitter, par leurs propres moyens, la France. Privé de ressources car privé du titre de séjour leur permettant de travailler, l’état français contraint hypocritement ces étudiants à la clandestinité.
Vendredi 1er février, Marel et Gilvane sortent du CRA sans passeport et entrent ainsi en clandestinité.
Marel a toujours travaillé légalement comme aide-comptable ; son dernier emploi occupé était à la FNAC. Il souhaite continuer à travailler en France ; il prévoyait en 2008 de demander un changement de titre pour un titre mention salarié. Marel a déposé un recours contre son OQTF devant le tribunal administratif de Lyon et lui a demandé un titre "salarié". Vendredi 1er février, son recours et sa demande ont été rejeté ; Marel a fait appel de cette décision.
Le RUSF69 s’indigne de la situation dramatique dans laquelle l’Etat a placé Marel et Gilvane et réclame, au nom de la liberté d’étudier et de l’égalité entre les étudiants, leur régularisation immédiate.
A l’appel du RUSF69, un premier rassemblement a eu lieu devant la Préfecture mercredi 6 février pour dénoncer les conditions de sortie de Marel et de Gilvane du CRA et exiger leur régularisation. A cette occasion et pour défendre cette exigence, le RUSF69 a demandé au Préfet de recevoir une délégation, cette demande nous a été refusée. Le RUSF69 appelle à un nouveau rassemblement pour obtenir la régularisation de Marel et de Gilvane :
VENDREDI 15 FEVRIER 2008 18 heures, place de la Comédie (à côté de l’Opéra)
RUSF69
contacts : rusf69@no-log.org / 06.34.49.73.84
